lundi 8 août 2016

Guide de survie d'un voyage en duo



C'est alors qu'on se sépare bientôt pour des aventures en solo qu'on réalise à quel point c'est facile, pour nous, de voyager à deux. 

OUI, On est excités d'entamer une nouvelle étape dans notre grand projet et cela ne nous fait pas peur du tout de ne plus être siamois: rassurez-vous! On réalise toutefois que notre complicité et notre complémentarité nous permet de vivre ensemble au quotidien à travers les défis sans nous entretuer. Bien sûr: notre entente n'est pas parfaite 100% du temps, mais on doit dire qu'on se débrouille bien considérant qu'on est TOUJOURS ENSEMBLE À PRESQUE CHAQUE SECONDE DEPUIS 1 AN!


Avoir eu des "invités spéciaux" qui ont partagé notre expérience au cours des dernières semaines nous a permis de poser un autre regard sur notre façon de voyager; de prendre conscience de nos forces et de nos apprentissages. On réalise que, Mik et moi, on est rendus sur la meme longueur d'ondes à bien des niveaux, et spécialement sur un point qui cause bien des problèmes dans un duo


LE BUDGET.

Au fil du temps, on s'est ajustés à notre capacité à payer pour un voyage à si long terme. Notre mot d'ordre demeure: The cheaper, the better. On cherche les moyens de transport les plus laborieux pour sauver quelques dollars, les guesthouses bon marché (notre idéal des 9 derniers mois se situant autour de 4-5$/personne/jour) et on mange dans les street stalls la plupart du temps. On s'y est habitués et plutôt que d'être une source de conflits, c'est rendu une source de bonnes histoires: vous demanderez à Mik ce qui s'est passé à Hanoi, dans notre chambre la PLUS CHEAP de tout notre voyage...

Pour réussir à s'entendre sur le budget, on divise tout en 2 pour éviter de devoir compter chaque sous. Comme ça on n'a pas de "c'est à toi de payer" ou de "pouvez-vous diviser la facture ?". On a un portefeuille commun (comme les vrais couples ont un compte conjoint) et on utilise Splitwise, une application gratuite qui nous permet de garder l'état des comptes quand on fait des achats par carte et des retraits. Au départ, quand un de nous deux dépensait plus que l'autre (en Europe, la différence etait plus importante!), on faisait un ajustement au bout du mois pour avoir l'impression que les choses soient équitables, mais en Asie, on ne s'obstinera pas pour des pinottes!


Maintenant que la question de l'argent est réglée, on réussit à bien s'entendre à cause qu'on a appris à ARRÊTER D'ÊTRE SUSCEPTIBLE!

Ben sur: je continue de m'impatienter et d'être un peu agressive, en plus de bouder de temps en temps, mais j'ai quand même le "pardon" facile: après nous être chicanés pendant quelques secondes, on se retrouve rapidement en échangeant un regard complice ou en réprimant un sourire. C'est-tu pas mignon ça?


Parlant de "chicanes", elles arrivent souvent dans des moments plus difficiles: quand on se fait avoir et qu'on perd de l'argent; quand on cherche un hotel ou à manger; quand on n'a pas dormi de la nuit; quand on marche sous un soleil de plomb avec nos sacs sur le dos; quand on est perdus....... Alors il est aussi devenu important de rire de nos malheurs! Ils nous apparaissent souvent comme la fin du monde sur le coup (nos problèmes sont réels, ok?), mais on est quand même en voyage autour du monde depuis 12 mois: est-ce que ça peut vraiment être si pire que ca? Des fois, c'est à ce moment là que je me félicite de toujours traîner une quelconque collation dans mon sac parce que ça peut nous épargner l'impatience de l'homme affamé. Si le problème est plus profond que ça, y'en a toujours un de nous deux qui prend les choses en main, pendant que l'autre chiale un peu. Celui qui devient le "leader" a le droit de rire du deuxième, et on élabore ensuite un plan oú le plus chialeux peut s'installer dans un Resto ou un café pendant que l'autre fait des démarches pour régler ce problème qui nous afflige! Contre toutes attentes, ce rôle est généralement divisé à 50-50 dans notre cas!


Et on ne rit pas seulement de nos problèmes! Notre sens de l'autodérision demeure un bon outil de dédramatisation! Je me souviendrai longtemps de Mik qui grimpe dans un arbre pour se protéger des méchants Toros grecs durant notre randonnée à Meteora! Et, comme cela demeure un moment fort (pour moi), je le remercie de me permettre de continuer à en rire! 

Notre honnêteté est aussi indispensable: les tabous ne sont pas acceptés! On ne garde pas de secret sur ce qu'on a envie de faire ou ce qui nous plait moins. Comme nos intérêts convergent, ça facilite les choses, mais sinon c'est mieux de passer chacun la soirée à faire ce qui nous plaît que de se suivre et de garder une rancoeur! 

Une autre leçon qu'on a tiré dans notre voyage est l'importance d'être équitables dans notre partage des responsabilités! Sans se partager les tâches en tant que tel, on met tous les deux la main à la pâte lorsque c'est nécessaire. Je dois vous dire qu'on doit en faire en tabarnouche, des démarches, dans un voyage comme le notre: on ne prend pas des forfaits tout compris! On cherche les transports locaux et on déniche les activités abordables à faire par nous mêmes. Souvent, ça nous permet d'avoir une experience plus authentique et c'est toujours plus gratifiant... mais jamais plus facile!


Récemment, j'ai osé dire à Mélissa qu'on etait "habitués" à l'Asie et "désensibilisés"... mais j'ai réalisé, dans les semaines qui ont suivi que j'avais menti. Certes, on trouve ça normal de voir des cafards courir sur le sol; d'avoir des douches (froides) qui innondent toute la sale de bain; d'utiliser le "bum gun" (qui va nous manquer d'ailleurs) avec précision; de voir notre chauffeur arrêter  2 minutes après le départ de notre bus pour faire le plein; de nous traverser habilement les rues dans un traffic constant... Mais on remarque encore la beauté d'un Buffalo qui labourre un champs; la pauvreté des familles dans les campagnes et la chaleur dans les sourires des enfants. On continue de s'émerveiller malgré tout, on s'intéresse à ce qu'on voit et on se le partage.  On n'est pas désensibilisés; on s'est adaptés, et le fait d'avoir vécu toutes ces expériences à deux ne fait qu'augmenter notre gratitude.

^_^

4 commentaires:

  1. C'est une bien belle histoire que la vôtre! Tu as une super plume Jess! Mais qu'est-ce qu'un gun bum?

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    1. Jo?
      Le Bum gun est un fameux fusil a eau qui remplace le papier de toilette! Un espece de bidet manuel! C'est un art, de le manipuler: il faut bien viser et accepter que ca prendra un peu de temps à sécher ;)

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  2. JE CRAQUE. Et pour avoir rapporté les nouvelles de vous au Québec, c'est d'ailleurs ce que j'ai dit : Je vous ai trouvé encore plus soudés et amoureux qu'avant votre départ. Ce post explique bien ce que j'ai ressenti. Vous êtes merveilleux à voir.
    Cette adaptation culturelle et personnelle, elle vous va à ravir.

    J'ai déjà hâte de partager une nouvelle expérience avec vous. Et d'être un peu plus expérimentée aussi! :)

    Je vous aime.

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