mardi 15 mai 2018

Costa Rica et Panama

Costa Rica




Réputé comme le pays le plus riche et contenant la plus grande biodiversité des pays d'Amérique Centrale, nous avions hate d'être au Costa Rica, ce pays sans forces militaires depuis 1948. 

Nous arrivons à San José à bord d'un "vrai" bus (fini les autobus jaunes américains de seconde main) quelques heures avant la première réunion familiale de notre "second" périple puisque Martin, le père de Jessica, viendra nous rejoindre pour les 23 prochains jours.




Nous étions fébriles à l'idée de retrouver une ambiance de groupe. En amont, nous avons pris le temps d'exprimer nos attentes face aux diverses situations que nous allions rencontrer : nourriture (on cuisine ensemble), activités (plein air), hôtel (le moins cher jusqu'à concurrence d'inacceptable), transport (autobus/pied/taxi en dernier recours). Bref, nous étions prêts à toute éventualité car nos expériences du passé nous ont appris qu'en groupe, il est toujours mieux d'établir un plan de match afin que personne se sente comme la pagaie de trop dans le rafting!

San José
Comme l'indique tous les bons guides du Costa Rica, il ne sert à rien de s'attarder dans la capitale. Par contre, la rue piétonnière principale fut un bon moment afin de se familiariser avec la nomenclature des rues, les prix moyens pour la nourriture et pour prendre le temps de planifier le voyage. Bref, une journée, c'est assez!

Jaco



La première aventure débute donc à Jaco, ville côtière du côté pacifique où le surf, la plage, le frisbee et la course nous attendent comme activités. D'ailleurs, comme tout au long du voyage, Martin excelle à nous pousser afin qu'on en fasse un peu plus. Généralement, il utilise deux moyens : l'exemple (la course, le saut dans la cascade, etc.) et la taquinerie (un tel est bien meilleur, tu devrais aussi le faire! )



Bons coups
A- Un surf à 5$ US pour 24h
B- Une belle promenade donnant une vue magnifique sur la plage
C- Cuisiner soit même, donc avoir un hôtel avec cuisine idéalement

Avoir su
A- Utiliser la chaise longue la journée la plus longue du 24h, car il ne la prête pas 2 jours de suite
B- Porter des petits souliers ou autres pour courir sur la plage car il y a beaucoup de roches coupantes



Quepos et le parc Manuel Antonio
Pourtant reconnue comme une ville sans intérêt et plutôt un passage obligé pour se rendre au parc Manuel Antonio, Quepos prend vie lorsque le marché est en ville. C'est une excellente occasion de goûter les fruits exotiques de la région et de faire un plein de nourriture pour notre premier parc national du voyage. 

Situé à 7km de Quepos, le plus petit parc national du Costa Rica est riche en biodiversité et permet aux apprentis naturalistes d'observer nombres de singes (dont 3 diversités), de rechercher les paresseux perchés, de rire des touristes inattentifs qui se font surprendre par les ratons-"voleurs" et finalement, de s'acclimater au plaisir de quitter le froid québécois pour l'humidité des pays du Sud.



Bons coups
A- Cabanas : quoique pas la meilleure du voyage, c'était vraiment la moins chère de la ville après quelques recherches
B- Être à Quepos le vendredi/samedi en même temps que le marché
C- Le parc Manuel Antonio, malgré le prix des billets (16US), vaut vraiment le coup. On a pu observer des singes capucins, des singes hurleurs et les mono titi.

 


Avoir su
A- Ne pas prendre le premier bus du matin... Le parc n'ouvre pas avant 8h00.



Uvita
Petite ville faisant partie d'une enceinte de 3 villes distinctes, cette dernière est reconnue pour son ambiance plus aventurière et bien-être. Elle fait un excellent arrêt pour faire une boucle sur la côte pacifique.



La cascade naturelle d'où nous pouvons glisser ou encore sauter de 7-8m de haut est une activité "chévéré", le parc national Marino Baleina gratuit en début ou fin de journée permet de se délier les jambes sur le bord d'une rive magnifique et les prix de l'épicerie sont vraiment les plus bas du pays. Seul bémol : la fin de semaine, les hôtels se remplissent, donc prévoir une réservation!




Péninsule d'Osa et le parc Corcovado
Le parc national Corcovado est, selon le guide lonely planet, le parc où il y a le plus de diversité et le moins touché par le tourisme et pour cause, son accès y est très compliqué. Le guide disait : pour les randonneurs qui aiment aller hors des sentiers battus, donc, nous y sommes.



Après une journée dans un hôtel reculé afin de faire quelques randonnées à même notre habitation, le parc Corcovado nous aura charmé et pour cause : nous y avons vu un tapir à quelques centimètres de nous, un fourmilier, des chauves-souris qui s'abritent du soleil en coupant une partie d'une feuille de bananier pour se faire une grotte, des paresseux, des singes, une tayra (félin prédateur des singes hurleurs) et même un serpent vénéneux à notre retour par la plage.




Le tout sans oublier ma nouvelle technique pour ouvrir une noix de coco qui me servira tout au long du voyage (plus de 4 coconuts ouverts de façon naturelle à mon actif). 



Bons coups
A- Être chanceux!!! On y a vu une diversité de faune incroyable!




Avoir su
A- L'expédition 3 jours 2 nuits nous semblait la meilleure option à priori, mais les montants étaient exorbitants.



La vallée d'Orosi
Après plusieurs jours sans demeurer au même endroit, nous voulions nous poser. La vallée d'Orosi répondait à tous nos critères : petite hostel sympathique, fruiterie avec produits de la région, randonnées à proximité et présence d'activités sportives. Un plaisir pour s'y reposer.


Bons coups
A- Une journée d'escalade avec EscaladeCachi (30$US pour toute la journée avec entraineurs, penser à apporter votre lunch);



B- Montana Linda Hostel , avec des idées de randonnées, un spa, un prix très modique et un service généreux (aide avec réservation des activités et autres);
C- Rafting sur la rivière Pacuare (4 heures, classe III et IV), en chemin pour Cahuita et la face atlantique du Costa Rica;



D- Marche de quelques kilomètres pour visiter une usine artisanale de fabrication de panela (sucre de canne), seulement les vendredis.



Avoir su
A- Le volcan Irazu est plus une activité "veni, vidi, vici" qu'une randonnée. Pour 15$US plus transport (3h30 aller-retour), c'est beaucoup de travail pour quelques photos à l'inverse de volcan tel qu'Acaténango ou encore le mont Rinjani et son volcan.




Cahuita et le côté caraïbe du Costa Rica
Avec sa tranquillité et son parc national qui longe la côte, Cahuita se voulait une destination de repos "festif" avant de traverser vers le Panama. 



Bons coups
A- La salle d'entrainement extérieure offrant vue sur la mer des Caraïbes;
B- Le parc National avec son entrée "gratuite" (donation);
C- L'ambiance tranquille et paisible d'une ville reculée

Avoir su
A- Le parc national n'apporte pas de plus aux autres visités, outre que son prix;
B- Il y a beaucoup de choix d'hôtel (offre>demande), donc prenez le temps de prendre un hôtel avec piscine pour le même prix;

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Panama 


Bocas del Toro

L'archipel de Bocas del Toro est parfait pour faire une petite excursion en mer d'une journée. Beaucoup plus accessible que Caye Caulker du Bélize, une journée de bateau avec snorkeling et plage secrète vaut se pesant d'or. De plus, de merveilleux restaurants se trouvent sur l'ile, une belle façon de débuter ou terminer un voyage au Panama.



Bons coups
A- Prendre la journée de bateau qui offrait la possibilité de faire du deep board (snorkelling tiré par un bateau qui nous permet de virevolter!




Panama - Boquete
Avec le volcan Baru en arrière plan, la ville de Boquete est la ville sportive du Panama. On peut y rester plusieurs jours afin de faire de magnifiques randonnées, du rafting, du deep water solo dans un canyon, etc.



Bons coups
A- Hôtel La Jungla experience offrant de belles activites et une excellente ambiance.
B- Une randonnée à cheval un peu courte, mais dans de beaux paysages et avec des animaux bien traités!
C- Trouver les 'Hot Springs', un seul petit basin d'eau thermale bouillante pour une journée spa frugale en nature




Avoir su
A- La randonnée des trois cascades n'a rien d'impressionnant. Son coût et ses sentiers rugueux ne valent pas le détour... Quoique du bon X-trail est toujours farfelu.



Panama City et le canal
La capitale du Panama est une ville grandiose et moderne. Après plus de quelques semaines hors de villes occidentales, il y avait un énorme plaisir de s'y promener. Imaginer, aucun trottoir dans lequel s'accrocher, possibilité de découvrir la ville en vélo et transport en commun d'une efficacité exemplaire. On en a profité pour goûter à toutes les bouchées de rue qui s'offraient à nous.



La visite du canal nous a donné l'occasion d'en apprendre plus sur le travail gigantesque qui a été fait depuis la première pelleté par les français dans les années ~1880 jusqu'à ce jour où le canal contient maintenant 3 passages (le dernier ouvert récemment (2016) afin de permettre le passage de bateau encore plus gros). Voici quelques fun facts sur le canal :

I- Le passage du canal, qui prend en moyenne 8 heures, peut coûter jusqu'à 800 000$US pour les gros bateaux (moyenne d'environ 150 000$US);
II- Les français ont été les premiers à construire le canal, mais pour plusieurs raisons (malaria (la découverte de transmission par moustique a été fait après la fin du chantier), mauvaise planification (voulait un canal plat comme celui du canal de Suez, mais la saison des pluies a été une catastrophe) et financière), ils ont arrêté la construction à la fin des années 1890;
III- Les américains ont été responsables du canal (ou du moins en partie) jusqu'en décembre 1999; 
IV- La traversée la moins chère fût de 0,36$ qu'un nageur a payé afin de traverser le canal;



Bref, une très belle découverte remplie d'histoire, une visite qui vaut le détour.

Un travail d'équipe qui a soudé la famille
Voyager à trois n'est jamais facile. Beaucoup d'éléments peuvent jouer contre une harmonie : un rapport de force inégale, des objectifs contradictoires, une énergie non constante au sein du groupe, etc. Je pense que c'est d'ailleurs la somme de plusieurs de ces éléments qui a fait dire à Martin au préalable que dans le pire des cas, on pourra toujours se séparer quelques jours afin de se réunir pour la suite.


Mais honnêtement, ce voyage aura permis de mettre de l'avant les forces de chacun, de se raconter des histoires respectives qui donnent des idées de prochaines activités collectives et d'unir encore plus un père et sa fille. J'ai été témoin de tous ces avantages au cours de ce mois que de voyager avec Martin, et au nom de Jessica et de moi-même, nous te remercions de ta visite et on se quitte en te disant : À la prochaine fois... ?




vendredi 2 mars 2018

Nicara-guapo: sur la plage, parmi les volcans, dans les villes ou dans les îles!


C'est une journée entière que ça nous a pris pour atteindre enfin le Nicaragua, après la traversée de 3 frontières semi-recommandées sans encombres. Sacrilège, direz vous, de passer par dessus le Honduras (NOT) et les plages sublimes du Salvador, mais avec 2 semaines seulement avant la rencontre avec Papa à San José: pas le temps de niaiser: on va direct à Léon!



Mes souvenirs du Nicaragua étaient plutôt flous, 10 ans après mon passage dans ce pays, mais j'ai eu tôt fait de me remettre dans le bain avec la découverte de Leon, le berceau de la révolution Sandiniste, accompagnée d'une grande assiette de gallo pinto (traditionnel mélange de riz blanc/fèves noires dont le peuple n'est pas qu'un peu fier).


On en a profité pour faire l'ascension  (mais surtout la descente) du Cerro Negro, un volcan noir recouvert de cendres qui se démarque parmi les sommets verdoyants d'une chaîne de volcans inactifs qui traverse le pays. Après la montée d'une heure, fermez la bouche parce que la descente se fait en une minute à bord d'une luge de bois!


Après une journée de vacances à la Laguna de Apoyo (un cratère volcanique qui forme le plus beau et chaud lac d'eau douce du Nicaragua - au cours de laquelle une vague m'a fait chavirer de mon kayak), on se dirigeait vers Granada pour jouer un peu au Frisbee, mais surtout braver le volcan Mombacho qui surplombe le lac Nicaragua. On y a aperçu notre premier paresseux, mais il nous faudra être un peu plus patients pour voir des hordes de singes hurleurs abrités dans les jungles d'Amérique centrale.


Prochain arrêt: la côte! Notre choix s'est arrêté sur les plages moins défrichées de Guasacate à Popoyo pour faire un peu de surf, avant de nous rendre sur l'île d'Ometepe pour profiter de la liberté de se déplacer en scooter dans un décor sauvage, à travers villages et cascades.

Et HOP, 2 semaines déjà! On s'attelle et on se rend au Costa Rica!

mercredi 14 février 2018

Guatébuena



Le Guatemala nous a conquis dès notre arrivée dans le Peten, où on s'est rassasiés des saveurs locales (du riz et des fèves noires, on n'a pas fini d'en voir!) en route vers Flores.



Après la traversée  du sentier de 500m pour se rendre sur l'île, on commence à apercevoir les maisons multicolores qui s'alignent le long des ruelles circulaires et on entend les pétards exploser à travers le son des tambours et des trompettes: aujourd'hui est jour de fête!

On a testé les spécialités guatémaltèques le long des ruelles et ces fameuses tostadas au guacamole avec légumes râpés deviendront notre snack quotidien!

Pinterest

On n'est pas venus au Guatemala pour la street food par contre (on aurait été bien déçus!): le clou du spectacle était la cité maya de Tikal, des temples de 2700 ans construits à travers la jungle dense et humide au nord du pays. 



Un réveil à 4h du matin nous permet de voir les temples à travers le brouillard matinal et de déjeuner au sommet du temple 2. On a l'impression que des événements bien importants ont eu lieu dans la Gran Plaza et on imagine tout le sang qui a coulé sur la place des sacrifices, mais ce que j'aime, surtout, c'est de voir un fourmilier se balader à travers les temples comme si c'était chez lui, ou des singes araignées suspendus au dessus de nos têtes . Ce qui m'impressionne le plus, c'est de voir comment la nature tente de se réapproprier ces constructions humaines abandonnées, tout comme elle le fait à Angkor en pénétrant la pierre impuissante de ses racines massives.

La prochaine merveille du Guatemala sera Semuc Champey: une série de bassins turquoises sculptés dans un canyon niché entre les montagnes. 



Ce bijou n'est accessible qu'aux plus convaincus puisqu'il ne sera atteint qu'après une dizaine d'heures du bus à travers des routes de montagne sinueuses, mais on y découvre un village maya charmant, alliant tourisme et vie traditionnelle; montagnes et rivières.


 Après notre exploration des grottes Ka'an Ba éclairées à la chandelle et une balade de 9km à travers les plantations de cacao et de café, on dénichera nos premières CHOCOBANANO: sans contredit notre meilleure découverte du voyage (des bananes glacées enfoncées sur un morceau de bambou, trempées dans un chocolat fondant et recouvertes d'arachides).


On s'est ensuite dirigés vers le Lago de Atitlan: un cratère devenu lac entouré de volcans et de petits villages ayant chacun une personnalité bien distincte. 


On a établi notre base à San Marcos, distinguée comme le "yoga hippie", et on en a profité pour peaufiner nos routines d'acroyoga, pour nous balader entre les villages et pour grimper le volcan San Pedro du haut de ses 3200 mètres, une aventure que nos jambes de rappelleront pour la semaine à venir.


Après un détour par Guatemala City pour jouer un tournoi d'ultimate, on s'est arrêtés à Antigua, une ville coloniale pittoresque aux façades multicolores et aux points de vue fantastiques. 


Ce séjour n'aurait pas été complet sans l'ascension de l'Acatenango, un monstre de 3800 m du haut duquel on a une vue fantastique sur son voisin, le volcan encore actif Fuego qui crache lave et cendres sans arrêt. 


Mauvais timing pour notre excursion de 2 jours alors que la tête du volcan s'est blottie dans les nuages. On entendait bien les grondements sortir des entrailles de la terre et, au moins, quelques éclaircies au courant de la nuit nous offriront une belle vue sur les explosions de Fuego, mais la vue du sommet ne sera pas notre highlight du voyage, c'est certain!


En somme, le Guatemala: on recommande. Que ce soit pour un voyage d'aventure qui allie randonnées sur les plus hauts sommets d'Amérique centrale et vélo de montagne, pour une retraite spirituelle autour des lagunes ou pour une expérience culturelle à travers les villes coloniales, les ruines et la tradition maya: le Guatemala a tout pour plaire. 



À savoir toutefois:
- il fait moins chaud qu'on pense, dans les régions montagneuses;
- un café, ça se boit bien sucré;
- dans un sandwich, on met des nouilles;
- dans les régions moins touristiques ou surveillées; on se fera mettre en garde contre des "ladrones" maléfiques armés de leur machette;
- faites-vous des réserves de 1 quetzal pour accepter toutes ces offres de chocofrutas.

dimanche 28 janvier 2018

De la playa a las ruinas


Une fois, on était au Québec et il faisait -30 degrés. Le lendemain, on était 6000 km au sud. Fiou.



L'aventure latinaméricaine a débuté dans une station balnéaire mexicaine: Cancun. On y a découvert une fausse ville faite d'hôtels luxueux en bordure de la mer des Caraïbes. Ce fut donc une entrée en la matière toute en douceur, alors qu'on entendait du Québécois en stéréo et que toutes les grandes chaînes d'hôtels et de restauration américaines s'alternaient à perte de vue.

Sauve qui peut.



Maiiiiis non, on y a découvert des plages sublimes et on s'est fait accompagnés par un garde du corps pour découvrir des ruines secrètes entre deux hôtels-châteaux. Je dois aussi avouer que la cuisine mexicaine m'avait conquise d'avance... 



Prochain arrêt: les ruines enchanteresses de Tulum, la seule cité maya qui se trouve en bordure de mer. Le site se trouve aujourd'hui occupé par une colonie d'iguanes géants qui contribue au surréel de l'endroit.



On avait hâte de visiter la 2ème plus grande barrière de corail au monde qui se trouve dans la mer des Caraïbes alors on s'est dépêchés vers les îles du Belize, au prix d'une longue journée de collectivos: des minibus et autobus maquillés, toujours surpeuplés et dont le fonctionnement défie tout bon sens. Après quelques heures, on a réussi à atteindre la frontière où on soupçonne un douanier mexicain d'avoir essayé de nous berner... mais qui, découragé, nous a finalement laissés filer au bout d'une heure sans nous avoir fait payer une supposée taxe de sortie salée - et sans avoir étampé notre passeport en conséquence. Au diable: les Belizeens nous ont accueilli à bras ouverts! Après quelques transferts et 5h de bus supplémentaires on arrivait enfin dans la capitale ou on s'est empressés de se diriger vers le port de bateaux publics pour les îles, qui verrait bientôt le dernier traversier de la journée quitter pour Caye Caulker, notre destination finale. Mik est devenu parano après qu'on ait reçu plusieurs mises en garde sur le danger des environs lors de notre marche de 700m en plein jour dans les rues bondées de Belize City. Eh oui, bienvenue en Amérique centrale! Après ça, pas question de s'arrêter à une banque pour retirer quelques dollars Belizeens sous le regard malveillant des badauds: tant pis, on utilisera nos réserves de dollars américains durant notre séjour!


Le détour par les îles aura valu la peine: bien qu'on a encore manqué les raies Manta et les requins baleines, on a pu nager avec d'autres sortes de raies, requins et tortues, voir une multitude de coraux et de poissons, observer des homards et des anguilles menaçantes, en plus de nous faufiler dans des grottes de la réserve marine Hol Chan.



En route vers le Guatemala, on a fait un arrêt à San Ignacio, à l'ouest du pays, pour voir un pan plus traditionnel de la vie typique Belizéenne. Ce village n'a pas déçu, avec ses habitants sympathiques, son marché vivant et des ruines complètement désertes à travers les collines.



Bientôt, on vous parlera de notre amour pour le Guatemala.

lundi 8 janvier 2018

Point de départ: Mexique - Direction: Sud

Credit photo: Fx

"Avez vous hâte? Avez vous l'impression que, enfin, vous retournez à votre vie normale à la maison, un peu comme on a hâte de retourner dans nos affaires après avoir visité toute la famille pendant la semaine de Noël?"

Marie-Ève se questionnait sur nos émotions, en route vers l'aéroport.
Ça m'a fait réaliser que... EH QUE NON, je n'ai pas l'impression de retourner dans mes vieilles pantoufles. C'est épeurant un peu, encore. Ben oui, malgré qu'on s'était déjà départis de nos "grandes responsabilités" en août 2015, j'avais encore l'impression de me jeter dans le vide. On peut voir cette aventure sous plusieurs angles. D'un côté, on repousse notre carrière (si une telle chose est encore envisageable), on fragmente nos amitiés, on s'éloigne de nos familles et on saigne nos épargnes.

Et là, en pensant au pire, je me suis imaginée au seul et unique moment ou j'ai maudit cette idée d'avoir tout quitté, alors que j'avais perdu mes repères, larmoyante dans mon bunker sombre de ce train Indien au trajet interminable.
Une fois. Une seule fois en 741 jours d'aventure.
(Les autres moments difficiles ne m'ont jamais fait regretter; ils m'inspiraient plutôt à me réorienter; changer de rythme ou changer de pays)



Je retiens surtout cette tranquillité d'esprit en filant à vive allure entre les rizières ou ce sentiment d'accomplissement pour des petits riens comme réussir à atteindre la bonne destination en transport en commun après en avoir douté des heures durant.

Je pensais apprendre vingt nouvelles langues. Je voulais goûter cent nouveaux mets. Je souhaitais voir mille nouveaux paysages et je cherchais à sentir un million de nouvelles odeurs...
Je me suis laissée enivrer par des montagnes d'épices dans un marché turc et par la fumée d'encens bouddhiste dans le nord de l'Inde ;
Par des frangipanes balinaises le long des ruelles et par du parfum frais et humide de la jungle laotienne;
Par des épices fraîches ciselées dans un Pho vietnamien et par l'arôme du pain frais sortant tout chaud d'une boulangerie parisienne;
Par du houblon fermenté d'une bière belge et par du fumet délectable de coriandre, de gingembre, de citronnelle et de chili d'un curry thaïlandais.


Je me souviens de tout ça, mais également des effluves provenant des montagnes de détritus en flammes le long des rails en Inde ou de la puanteur du marché de poisson philippin;
Des centaines d'étals de viande crue d'Athènes ou de l'odeur de dépotoir noyé d'un canal traversant Bangkok;
De la fumée émanant des barbecues servant à déshydrater les calmars au Cambodge ou des relents d'égouts le long des trottoirs malais.

Je veux encore voir, savoir, entendre, humer et goûter l'inconnu, mais on a senti qu'il était temps de faire un retour au bercail. Et là, la "vraie vie" résonnait soudainement comme un immense défi: Trouver une bonne job, choisir où habiter, savoir raconter nos expériences avec justesse, dénicher un logement, démontrer de l'enthousiasme face aux questions posées cent fois, s'habituer à une nouvelle routine, gérer les relations avec la famille et les amis, essayer de conserver les bonnes habitudes acquises et tenter de devenir la personne à laquelle on avait rêvé à travers tous ces moments d'introspection.



Je m'y faisais, à mon rythme, mais... le problème avec la curiosité, c'est qu'elle est stimulée sans arrêt et qu'on désire constamment la satisfaire.

L'inconnu a un pouvoir d'attraction indéniable qui supplante encore mon besoin de sécurité.

Alors...

On est repartis.

Avec plus d'affection que jamais pour ce qui m'attends au pays, mais pas encore prête à renoncer à ce qui m'appelle ailleurs.