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samedi 6 février 2016

In the jungle, the mighty jungle...


Éblouis par le relief verdoyant du Laos, on a choisi de nous diriger vers le nord. On pensait que le Nord serait encore plus sensationnel; plus reculé; plus authentique... Le moyen de transport prisé pour s'y déplacer est quand même un long bateau mince qui remonte la rivière Nam Ou, alors déjà la, on se sent aventuriers d'avance! À partir de Luang prabang, on se rend donc à la station de bus locale (plutôt que de nous entasser dans un minibus spécial pour les blancs). 

Au Laos, ils ont eu la brillante idée de délocaliser les stations d'autobus bien à l'extérieur de chaque ville pour faire fleurir l'industrie du tuktuk malhonnête. On parcourt donc à pied les kilomètres qui nous séparent de la station de bus tôt le matin pour sauver quelques dollars, et on se joint aux quelques passagers laotiens qui partageront notre vieil autobus qui tombe en ruines. Après 4h de route cabosseuse et une pause pipi au milieu de la forêt, on arrive à Nong Khiaw: village tranquille constitué d'une rue principale et 2-3 rues de terre: une belle vallée autour du fleuve, entourée de montagnes.


C'est beau. Les gens sont gentils. Les restaurants sont bons et pas chers - on s'est même régalés avec de la bonne bouffe indienne, qui nous manquait un peu depuis notre départ du pays de Gandhi! Pour 50 000 kips (-10$), on avait un charmant bungalow le long de la rivière, alors on est restés quelques jours pour explorer les points de vue des montagnes avoisinantes et jouer un peu de pétanque (un souvenir du protectorat français sur le Laos, tout comme les baguettes de pain et les croissants qu'on trouve un peu partout).


Pour explorer, par contre, il faut garder notre porte feuille pas trop loin: au Laos, tout est payant! Que tu veuilles aller dans une grotte perdue, monter une colline, aller dans la jungle ou même traverser un petit pont louche en bambou, les villageois t'attendent avec la main tendue! C'est généralement 10000 à 20000 kips seulement (les montants ont l'air exorbitants avec tous leurs 0, mais disons que c'est 2 à 4$), mais ça devient tannant de toujours devoir payer pour faire des activités en nature... Et on a l'impression que ca change notre rapport avec les villageois: plutôt que de nous voir comme des voyageurs intéressés à leur mode de vie et aux richesses de leur pays, ils nous voient encore comme des porte feuilles ambulants et ils se mettent a en profiter... M'enfin... On n'a pas eu besoin d'hypothéquer nos vélos (y me semble que c'est la seule possession digne d'intérêt qu'on a encore au Québec) pour nous dégourdir un peu les jambes!


On a ensuite continué notre chemin vers le nord par bateau pour atteindre Muong Ngoi. A notre grand bonheur, on réussit encore à dénicher un bungalow avec hamac sur la terrasse pour 50 000 kips, puis on part se perdre dans les sentiers autour du village. On voit un signe qui indique une montagne avec vue sur le village et, en prime, une cave! Une aubaine pour les 10000 kips demandés! Après une montée abrupte et un point de vue satisfaisant, on redescend la montagne en chialant contre leur fausse représentation: pfffff, c'est un peu optimiste de traiter les quelques trous dans les roches de caves! C'est alors qu'on aperçoit un plus grand trou, dont l'entrée semble condamnée par de grosses pierres... On fait donc ce qui nous semble être la chose sage à faire: on se faufile entre les roches pour pénétrer dans la grotte. Déjà 2 mètres plus loin, c'est le noir absolu! Mikael, qui tremble déjà un peu de peur en imaginant des scénarios d'horreur à la 127 heures, laisse notre sac à dos à l'entrée pour aviser les autres randonneurs de notre présence. 


J'allume alors la lampe de mon téléphone pour nous guider dans ce labyrinthe obscur sur plusieurs centaines de mètres, l'adrénaline dans le tapis. On s'attend à découvrir des cadavres humains, des ours assoiffés de sang, des tarentules gigantesques et des scorpions carnivores... Mais on ne trouvera que des grillons mutants et des formations rocheuses fabuleuses, brillant de mille feux!


Le lendemain, on s'attelait pour une randonnée de 2h30 sur un sentier traversant rizières et rivières pour rejoindre le village de Huay Bo.



Comme ce village n'était desservi par des routes et de l'électricité depuis quelques années seulement, on avait l'impression de nous diriger vers une experience rurale authentique... Et on a bien été servis à notre arrivée: les villageois y travaillaient le bambou, les cochonnets y courraient librement, les coqs y chantaient en faussant, les chiens y souffraient de malnutrition et les enfants y jouaient naïvement.




On pensait s'intégrer dans la famille qui nous accueillait: aller les voir pêcher ou chasser ou bien les assister dans la cuisine... Mais ca aussi c'était naïf, puisque l'homme de la famille demandait de bonnes sommes pour nous guider à travers les tâches rurales pour financer... Ses soirées bien arrosées de laolao, la liqueur locale à base de riz collant. On a donc choisi de faire nos propres activités, en s'improvisant en chasseurs de pomelos dans la jungle en compagnie de notre pikée laotien;


En lisant des livres dans des hamacs sans se soucier du temps, en jouant à des jeux sous une faible lueur comme en camping et en capturant des poussins pour pas qu'ils ne passent la nuit dehors.


Et, bien qu'on ne se logeait que pour 10 000 kips, on avait le luxe d'un "matelas" en bois entouré de quatre "murs" de papier et d'un doux réveil au "chant" des coqs dès 3h Du matin... Au 3e jour, on a donc décidé de tout remballer et de faire le trajet inverse: randonnée-bateau-minivan: retour vers la ville de Luang Prabang. On a eu de la chance, parce que, dès le lendemain, une vague de froid et de pluie s'est abbatue sur le Laos; l'humidité glaciale pénétrant nos membres en emportant avec elle tout espoir de bonheur: impossible de trouver un lieu pour se réchauffer dans toute la ville: les chambres de guesthouses mal isolées avec des fenêtres en moustiquaire et tous les commerces à aire ouverte. On a donc pensé se diriger vers le sud: direction Vang Vieng, ville de party anciennement reconnue pour le tubing sur la rivière et les activités de plein air dans les montagnes avoisinantes. 


On y est restés 3 jours avec espoir, mais la seule activité viable avec la température demeurait de se stationner dans un restaurant qui passe en boucle de vieux épisodes de friends. Pas de chance là encore (pour moi; Mik etait aux anges).


Au matin du 4e jour, on en a eu marre et on a pris la direction de Bangkok pour rejoindre les Îles thaïlandaises. Tant pis pour le Laos: il aura raté sa chance de nous séduire!

À venir: Certification de plongée Open Water 20m a Koh Tao...


dimanche 17 janvier 2016

Luang Prapang, Laos



Notre arrivée au Laos fut spectaculaire : 2 jours de bateau, en voguant paisiblement sur le Mekong. 


Le bateau est le moyen de transport le plus utilisé pour l'instant au Laos. Il faut dire qu'ils ont seulement 3,5 km de chemin de fer et que l'autobus dans lequel je vous écris ces lignes doit avoir toute qu'une suspension parce que le devant de l'autobus fait des sauts d'au moins 2 pieds de hauts par rapport à l'arrière par moment.

Entre Huai Xay et Luang Prapang, nous voyons la beauté du Laos avec ses forêts, ses montagnes et ses rivières. 


Pour nous, le Laos est synonyme de nature, et de toutes les activités de plein air qui en découlent...
Donc, pour être conséquent avec nos premières impressions, quoi de mieux que de marcher 7 km avec nos sacs entre le "port" de Luang Prapang et le centre-ville afin de trouver un logement, et ainsi sauver 40 000 kips  (1cad =5 000 kips environ). Ridicule, vous nous direz, que de marcher afin d'éviter de payer 8$, mais sachez que depuis l'Inde, nous sommes devenus des as à trouver les arnaques. D'ailleurs, après 150m de marche, les tuktuks voyaient bien qu'ils allaient perdre des clients, et ils nous ont offert la route pour 20 000 kips, que nous avons encore une fois déclinée!

Bien que Jess fut affecté par les mauvais côtés du Laos au départ, on a décidé de se donner une chance. Voici des exemples du côté obscur de ce pays : tout a un prix, c'est à dire les temples, le stationnement pour bicyclette, le sommet d'une montagne, une caverne, etc., clash entre laotiens travaillant pour les touristes versus les paysans, chauffeurs de tuktuk offrant toujours dans le même ordre "tuktuk", non, "something?"... (Pour les novices, something est la drogue que les laotiens offrent aux occidentaux, mais en plus d'être illégal, rares sont les histoires qui terminent bien suite à sa consommation), serveurs de bars avec facultés très affaiblies, etc.

Mais après tous ces commentaires plus négatifs, Luang Prapang, c'est tout de même une très belle ville. 


Inscrite à l'Unesco depuis 1995, cette petite ville de 75 000 habitants à une architecture qui s'apparente à un village de pêche avec toutes les maisons sur la grande route, toutes séparées l'une de l'autre et leur "quai" respectif avec leur bateau afin de se promener soit dans le Mekong ou encore dans la rivière Nam Khan.


Dans cette magnifique ville, les moines sont les rois. Au Laos, les familles ont pour habitude d'envoyer leurs enfants pratiquer le bouddhisme afin de parfaire leur éducation, et tandis que plusieurs jeunes retournent auprès de leur famille par la suite, certains deviennent des moines pour leur vie.


Luang Prapang, c'est aussi Utopia et la Beer Lao. Utopia c'est un bar qui a pour slogan : zen by day, groovy by night. Il est situé sur le bord de l'eau avec une vue incroyable, il y a la possibilité de pratiquer le Yoga aux petites heures du matins, de jouer a des jeux de société et au volleyball durant la journée puis de faire la fête en soirée, mais pas plus tard que 23h30 car le couvre-feu de Luang Prapang oblige les laotiens d'être chez eux pour la nuit!

Après une journée de repos avec l'ascension du mont Phu Si (20 000 kips/pers) qui offre une vue splendide, 


nous louons des vélos de ville avec "vitesses" (30 000 kips/velo) pour partir à l'aventure des chutes "Kuang Si Falls". 


En vous épargnant tous nos malheurs avec nos bicyclettes, on doit avouer que les 32km qui nous séparaient de notre hotel aux chutes (aller seulement) furent un pur bonheur pour nos cuisses, nos poumons et nos yeux. Nous avons passé par des champs de riz, 



de magnifiques temples sur le bord des routes et des champs verdâtres de cultures inconnues. Arrivée à destination, les chutes nous surprennent avant même de les avoir vu : on tombe sur un petit sanctuaire pour ours lune (moon bears) qui recueille des ours qui étaient capturés par des braconniers. 


Ces derniers recueillent la bile des ours pour les vendre aux produits pharmaceutiques. Lorsqu'ils ne produisent plus de bile, ils les tuent. Donc au Laos, prière de ne pas acheter de produits avec ce dernier ingrédient dedans!

Les chutes sont merveilleuses et c'est un devoir que de faire la route qui les séparent de Luang Prapang. 



Bien qu'il y ait un coût encore une fois (20 000 kips + 1 000 kips de parking de velo! par personne), le spectacle en vaut la peine. 


De plus, j'en ai profité pour faire une petite saucette après notre grande randonnée et notre petit lunch avant d'attaquer la route du retour.


Lors de notre première soirée, nous avons rencontré nos amis français de l'Inde, sans même s'être donné rendez-vous. 


Ceci peut vous aider à comprendre à quel point c'est petit comme ville. Ce souper fut très agréable et nous avons eu la chance d'en apprendre plus sur leur périple de l'Australie en minivan.

Tant qu'à donner des conseils, Luang Prapang est une ville très apaisante qui a un superbe marché immanquable où vous pourrez trouver tout plein d'articles fait à la main, mais surtout vous devez chercher l'allée des buffets très cheap (15 000 kips pour remplir un bol, 1 seul bol pour nous deux) qui permettent de goûter rapidement la nourriture laotienne (viandes en extra). 


Les massage laotiens se trouvent à 40 000 kips /heure et nous vous conseillons les hotels à faible budget qui sont relativement propres. Ça dépend toujours de vos critères, mais pour 9$ US, on avait tout le matériel nécessaire pour une bonne nuit alors que d'autres payaient 50$ US!

Prochaine ville, on se dirige vers Nong Khiaw au Nord, un petit village dernièrement accessible par autobus. 


Au menu : trek, tubing, climbing, kayak, etc. Pour s'y rendre, l'option la moins chère et la plus autonome est de se rendre à la station d'autobus au Nord (3 km de la ville) et de prendre l'autobus local (37 000 kips/pers) en comparaison avec 70 000 kips/pers en minivan. On s'y est évidemment rendus à pied pour se dégourdir un peu!


Khap jaïe laïï! (merci beaucoup en Lao!)