Éblouis par le relief verdoyant du Laos, on a choisi de nous diriger vers le nord. On pensait que le Nord serait encore plus sensationnel; plus reculé; plus authentique... Le moyen de transport prisé pour s'y déplacer est quand même un long bateau mince qui remonte la rivière Nam Ou, alors déjà la, on se sent aventuriers d'avance! À partir de Luang prabang, on se rend donc à la station de bus locale (plutôt que de nous entasser dans un minibus spécial pour les blancs).
Au Laos, ils ont eu la brillante idée de délocaliser les stations d'autobus bien à l'extérieur de chaque ville pour faire fleurir l'industrie du tuktuk malhonnête. On parcourt donc à pied les kilomètres qui nous séparent de la station de bus tôt le matin pour sauver quelques dollars, et on se joint aux quelques passagers laotiens qui partageront notre vieil autobus qui tombe en ruines. Après 4h de route cabosseuse et une pause pipi au milieu de la forêt, on arrive à Nong Khiaw: village tranquille constitué d'une rue principale et 2-3 rues de terre: une belle vallée autour du fleuve, entourée de montagnes.
C'est beau. Les gens sont gentils. Les restaurants sont bons et pas chers - on s'est même régalés avec de la bonne bouffe indienne, qui nous manquait un peu depuis notre départ du pays de Gandhi! Pour 50 000 kips (-10$), on avait un charmant bungalow le long de la rivière, alors on est restés quelques jours pour explorer les points de vue des montagnes avoisinantes et jouer un peu de pétanque (un souvenir du protectorat français sur le Laos, tout comme les baguettes de pain et les croissants qu'on trouve un peu partout).
Pour explorer, par contre, il faut garder notre porte feuille pas trop loin: au Laos, tout est payant! Que tu veuilles aller dans une grotte perdue, monter une colline, aller dans la jungle ou même traverser un petit pont louche en bambou, les villageois t'attendent avec la main tendue! C'est généralement 10000 à 20000 kips seulement (les montants ont l'air exorbitants avec tous leurs 0, mais disons que c'est 2 à 4$), mais ça devient tannant de toujours devoir payer pour faire des activités en nature... Et on a l'impression que ca change notre rapport avec les villageois: plutôt que de nous voir comme des voyageurs intéressés à leur mode de vie et aux richesses de leur pays, ils nous voient encore comme des porte feuilles ambulants et ils se mettent a en profiter... M'enfin... On n'a pas eu besoin d'hypothéquer nos vélos (y me semble que c'est la seule possession digne d'intérêt qu'on a encore au Québec) pour nous dégourdir un peu les jambes!
J'allume alors la lampe de mon téléphone pour nous guider dans ce labyrinthe obscur sur plusieurs centaines de mètres, l'adrénaline dans le tapis. On s'attend à découvrir des cadavres humains, des ours assoiffés de sang, des tarentules gigantesques et des scorpions carnivores... Mais on ne trouvera que des grillons mutants et des formations rocheuses fabuleuses, brillant de mille feux!
Le lendemain, on s'attelait pour une randonnée de 2h30 sur un sentier traversant rizières et rivières pour rejoindre le village de Huay Bo.
Comme ce village n'était desservi par des routes et de l'électricité depuis quelques années seulement, on avait l'impression de nous diriger vers une experience rurale authentique... Et on a bien été servis à notre arrivée: les villageois y travaillaient le bambou, les cochonnets y courraient librement, les coqs y chantaient en faussant, les chiens y souffraient de malnutrition et les enfants y jouaient naïvement.
On pensait s'intégrer dans la famille qui nous accueillait: aller les voir pêcher ou chasser ou bien les assister dans la cuisine... Mais ca aussi c'était naïf, puisque l'homme de la famille demandait de bonnes sommes pour nous guider à travers les tâches rurales pour financer... Ses soirées bien arrosées de laolao, la liqueur locale à base de riz collant. On a donc choisi de faire nos propres activités, en s'improvisant en chasseurs de pomelos dans la jungle en compagnie de notre pikée laotien;
En lisant des livres dans des hamacs sans se soucier du temps, en jouant à des jeux sous une faible lueur comme en camping et en capturant des poussins pour pas qu'ils ne passent la nuit dehors.
Et, bien qu'on ne se logeait que pour 10 000 kips, on avait le luxe d'un "matelas" en bois entouré de quatre "murs" de papier et d'un doux réveil au "chant" des coqs dès 3h Du matin... Au 3e jour, on a donc décidé de tout remballer et de faire le trajet inverse: randonnée-bateau-minivan: retour vers la ville de Luang Prabang. On a eu de la chance, parce que, dès le lendemain, une vague de froid et de pluie s'est abbatue sur le Laos; l'humidité glaciale pénétrant nos membres en emportant avec elle tout espoir de bonheur: impossible de trouver un lieu pour se réchauffer dans toute la ville: les chambres de guesthouses mal isolées avec des fenêtres en moustiquaire et tous les commerces à aire ouverte. On a donc pensé se diriger vers le sud: direction Vang Vieng, ville de party anciennement reconnue pour le tubing sur la rivière et les activités de plein air dans les montagnes avoisinantes.
On y est restés 3 jours avec espoir, mais la seule activité viable avec la température demeurait de se stationner dans un restaurant qui passe en boucle de vieux épisodes de friends. Pas de chance là encore (pour moi; Mik etait aux anges).
Au matin du 4e jour, on en a eu marre et on a pris la direction de Bangkok pour rejoindre les Îles thaïlandaises. Tant pis pour le Laos: il aura raté sa chance de nous séduire!
À venir: Certification de plongée Open Water 20m a Koh Tao...
















Comme c'est ma job de commenter les cheveux à Mik : Mik t'as des beaux cheveux, autant que le petit poussin!
RépondreSupprimerEn tout cas, au moins vous aurez eu la chance d'écouter Friends. Je n'ai jamais eu ce privilège!
Chan la koune.
C'est beau et encourageant de vous voir avec le gros sourire étampé dans le visage après toutes ces aventures.
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