C'est par une journée sans soleil ni chaleur que nous sommes allés visiter l'ancien camp de concentration Sachsenhausen, tout près de Berlin.
Le premier camp de concentration de la région était apparu dès 1933, après la prise de pouvoir du parti national socialiste. C'est dans une ancienne brasserie Berliner Kindl (bière qu'on trouve encore partout à Berlin) qu'étaient emprisonnés les opposants au nouveau régime.
Quelques années plus tard, en 1936, les nazis ouvraient Sachsenhausen pour y concentrer également les "gypsies", qui ne s'accordaient pas avec les valeurs sociales du parti; et les homosexuels, pour que la ville soit quand même présentable pour recevoir les jeux olympiques!
Ce n'est qu'en 1938-39, qu'on y amenait aussi les juifs qui contribueraient à l'effort de guerre comme des esclaves et qui serviraient de rats de laboratoire pour faire avancer la science. L'Allemagne nazie serait donc un pays pur et une suprématie scientifique!
Sachsenhausen a accueilli plus de 200 000 prisonniers sont presque la moitié sont morts à l'intérieur de ses murs. A partir du milieu de la guerre, pour accélérer le processus d'extermination, on y a construit une chambre à gaz et un crématorium et on y a brûlé plus de 20 000 personnes: les juifs d'abord, qui, avec leur étoile jaune, étaient au bas de la hiérarchie des prisonniers, juste en dessous des homosexuels identifiés par une étoile rose. Les fondations de la station Z (la fin du parcours du prisonnier) sont toujours visibles.
A la fin de la guerre, après près de 60 millions de pertes humaines dont 6 millions de juifs, ce sont 17 000 survivants juifs qui se sont suicidés. La fin de la guerre, c'est aussi 110 000 berlinoises qui se sont faites violer par les alliés, victorieux. D'ailleurs, l'allemande chez qui nous restions nous a dit que sa grand mère n'a jamais voulu parler de cette période sombre, mais elle affirme que les américains étaient considérés comme les bons sauveurs. Elle dit que bientôt, cette période ne sera plus qu'un pan sombre de notre histoire puisque les personnes qui l'ont vécue se seront tous éteints...
C'est donc une sensation étrange que de se balader dans une ville comme Berlin, qui conserve de nombreuses cicatrices de son lourd passé, dont des monuments et édifices criblés de balles...
Meike, une joueuse dultimate employée par le parti vert allemand que nous avons rencontrée a eu la générosité de nous faire faire une visite guidée du Reichtag, le parlement berlinois, qui offre une vue 360• sur la ville. Selon elle, les allemands sont encore honteux de leur histoire et continuent de voter pour des partis politiques de centre, de peur de voir des extrémistes au pouvoir.
Elle se souvient du 9 novembre 1989, alors qu'elle avait entendu que le mur de Berlin venait d'être tombé: elle avait peur que sa maison soit envahie par les allemands de l'est qui fuyaient!
Malgré son lourd passé, Berlin est aujourd'hui une capitale européenne abordable, cosmopolite et alternative. Il y a des fractures partout: entre le vieux et le récent, le propre et le sale, le beau et le laid...
notre première rencontre du voyage avec le "vrai froid" qui vient avec la pluie autour de 0•, une belle journée avec Cathy à l'ancien aéroport et dans un "vrai " Resto libanais...
... mais surtout une meilleure compréhension de l'histoire européenne.










J'ai des frissons! Ça doit, en effet, être quelque chose à vivre!
RépondreSupprimer