Ce pays-là, il aura certainement répondu à mon désir de sortir de ma zone de confort. Inconfortables? on l'a été, ca c'est sur.
Mais c'est cet inconfort qui nous a aidé à nous dépasser. On a appris à être exigeants. On s'est poussés mutuellement à négocier durement, que ce soit pour une ride d'auto rickshaw, une chambre d'hôtel, un sachet de thé ou un remboursement pour clients insatisfaits.
On a appris à toujours se méfier. Toujours. On inspecte notre nourriture, nos bouteilles d'eau, notre change, les calculs des vendeurs. Il faut demander, comparer et exiger. Au début, c'en etait épuisant. Et puis c'est devenu un jeu. Et puis c'est devenu un réflexe.
On s'est développé un guide de survie:
- le fameux head wobble indien veut dire soit oui, soit peut-être, soit je ne sais pas, mais il ne veut pas dire non! Il est parfois utilisé en alternance avec un petit claquement de lèvres qui a la même signification.
- les gens sont agressants et insistants, mais pour éviter de s'impatienter contre eux, il faut soit les ignorer, soit être très ferme, soit en rire un peu. Avec le temps, on a réalisé qu'en rire était notre meilleure solution puisque c'est la seule qui ne nous fait pas bouillir intérieurement... souvent, ils vont même embarquer eux mêmes!
(Mik et Bikas qui venait quêter quelques roupies, mais qui est devenu son tuteur en Hindi. Il l'a même forcé à apprendre par cœur les quelques mots de base dans le guide du Routard)
- Quand quelqu'un nous propose un prix, on divise en 3 et on bargain jusqu'à ce qu'on paie la moitié, en général. Mais il ne faut pas acheter à la première boutique! Il faut tester et proposer des prix qui semblent indécent avant de partir. Si on ne nous retient pas, c'est vraiment parce que l'article vaut plus que ca et la prochaine fois, on peut bargainer en connaissance de cause.
- Bargainer... Ce n'est pas mal vu. Il m'a semblé que tout le monde acceptait très bien qu'on doute d'eux, qu'on vérifie et qu'on fasse des contre offres. On doit démontrer qu'on sait de quoi on parle et s'assurer qu'ils n'ont pas fait "d'erreur" de calcul - ils ne le prennent pas mal! La confiance, ici, ne semble pas être un signe de respect aussi important que chez nous.
- Les trains sont bien rodés: ils vont arriver et partir à l'heure indiquée à l'entrée des stations. Si ce n'est pas le cas, vérifier si le train est juste dans une autre track ( ca ne sera pas écrit - il faut demander aux gens qu attendent.) oú si l'heure n'a pas changé au tableau.
Ca arrive pas souvent, mais si le train y' est en retard, il peut être en retard en tabarouette et le délai va s'agrandir au fil du temps.... Encore et encore........ Et le statut en ligne ne sera pas toujours à jour. On est arrivés à destination une fois avec... 15h de retard. Prévoir 30h pour une ride de 600km, c'est pas une siiiiii bonne efficacité. (On a au moins pu trouver une guesthouse cheap après avoir longtemps considéré l'option de nous joindre aux indiens sur le sol de la station, plein de déchets et qui sent le pipi)
- c'est normal que les gens nous fixent. On peut les fixer à notre tour pour leur rendre la pareil, mais ca ne les mettra pas mal à l'aise. Ils ne détournent pas le regard s'ils se font "pogner": à quoi bon?
- à part toujours vouloir nous saluer, vouloir savoir nos noms et notre origine, ils veulent toujours faire semblant d'être nos amis pour prendre des photos avec nous; ils vont même nous donner leurs bébés pour que leur progéniture ait un souvenir d'avoir eu la chance de toucher un blanc. Just go with it.
------------------
À part un guide de survie, on retient d'autres choses de notre passage en Inde...
On a pu discuter criquet à un match local...
... assister aux célébrations d'un mariage oú on semblait être les invités d'honneur, tellement tout le monde nous invitait à danser et voulait des photos avec nous!
On a appris à rire de nos malheurs et la résilience. Just let it go Man. Let it go.
On a aussi rencontré des propriétaires de boutiques sympathiques avec qui on a partagé de nombreux thés et de belles expériences!
On est quand même restés une semaine dans un campement dans le désert du Rajasthan...
On a testé la bouffe de rue et appris quelques mots d'Hindi avec les cuistots!
Et on se remémorera longtemps de toutes ces images à couper le souffle...
On va pas se mentir: Sur le coup, ça a souvent été difficile à apprécier, c'est vrai.
On nous a dit qu'un séjour en Inde, ça se digère. Je dirais plutôt que ça s'apprivoise. Et quelques jours avant notre départ, on réussissait enfin à l'apprécier.
This is India too.
























Encore une fois... J'adore... Et je me reconnais!
RépondreSupprimerEncore une fois, je suis sans voix. This is India! :)
RépondreSupprimerEn lisant les premières lignes, je me disais bon sang, ils ont vraiment appris la résilience...Plus loin dans le texte, tu l'as cité!! Je vous lève mon chapeau pour toute cette attitude positive, malgré le chaos. Vous en sortez fort probablement grandis et changés (J'AI TROP HÂTE de vous parler!). C'est une expérience sensationnelle que vous mettez dans vos bagages. Encore et toujours, vous êtes inspirants!
RépondreSupprimerHey ce n'est pas tout... le point culminant de ce voyage en Inde : un transit de 10h à Chennai (en attente de notre vol Chennai-Bangkok) où nous avons visité la ville à l'aide des moyens de transport en commun : train aller-retour centre-ville aéroport : 80 sous pour deux + autobus de ville aller-retour plage : 40 sous... beaucoup moins cher qu'un tuktuk!
SupprimerFinalement, l'Inde, c'est facile :P
HAHA! Bon, je reconnais ton positivisme! :)
Supprimer